Un monde saturé d’attention
Nous vivons à une époque où l’attention est devenue la ressource la plus convoitée de la planète. Entre les notifications, les vidéos courtes et les sollicitations émotionnelles constantes, les jeunes qu’ils soient étudiants, professionnels ou simples utilisateurs, naviguent dans un océan de stimuli qui capturent leur énergie mentale sans leur laisser le temps de comprendre, limitant encore plus leurs disponibilités attentionnelles.
En tant qu’ancien étudiant sénégalais, puis étranger, j’ai observé cette fatigue cognitive dans divers milieux universitaires, cette dispersion intérieure qui empêche la concentration durable.
Et plus tard, comme professeur vacataire, j’ai constaté la même chose chez des étudiants : une capacité de curiosité intacte, mais un espace attentionnel fragmenté ou limité. C’est cette fracture, entre potentiel et distraction, qui m’a conduit à adapter la méthode A.C.N.E. : Attirer, Capter, Nourrir, Engager en une version d’apprentissage expérimental.

A.C.N.E. : une pédagogie de l’expérience vivante
La méthode A.C.N.E. est née d’une conviction simple : on n’enseigne pas, on fait vivre l’apprentissage.
Dans chaque atelier d’économie d’attention, de géopolitique numérique ou encore de marketing digital, l’objectif n’est pas seulement de transmettre une information, mais de créer une expérience cognitive et émotionnelle à travers des faits historiques, des réalités attrayantes…, encore plus loin avec Shopify les revenus astronomiques du dropshipping qui décèle une attention importante des participants que j’associerai avec le phénomène de la péniaphobie*.
De ce fait, l’étudiant est amené à ressentir avant de comprendre, à vivre avant d’analyser.
L’approche repose sur une ouverture émotionnelle (histoire, cas réel, biais cognitif), une phase d’immersion collective, puis une construction du sens à travers le dialogue, la mise en commun, et enfin l’engagement actif dans la réalité.
A.C.N.E. redonne à l’enseignement ce qu’il a perdu : l’attention humaine comme point de départ du savoir.
C’est une pédagogie africaine dans son essence, parce qu’elle part de la parole, du vécu et du collectif, mais universelle dans son ambition.
Entre recherche et éthique de l’attention
Ma recherche en économie de l’attention m’a amené à explorer la face invisible de ce que les géants du numérique ont parfaitement compris : l’attention est une monnaie.
Les plateformes, les marques et les médias s’affrontent pour la capter, parfois sans éthique, à travers des leviers psychologiques hérités du neuromarketing ou de la manipulation émotionnelle.
Mais je reste convaincu qu’une autre voie est possible : celle de la captation consciente.
C’est cette ligne de recherche que je poursuis dans mes travaux, entre Sénégal, Maroc et France, à travers des études sur les biais cognitifs, les réactions attentionnelles des étudiants, et les impacts culturels des IA civiles et non civiles.
Mon objectif est clair : bâtir une éthique africaine de l’attention, ancrée dans nos valeurs de transmission, de respect et d’équilibre entre technologie et humanité.
Vers une science africaine de l’attention
Aujourd’hui, alors que je poursuis une démarche d’accréditation HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), ma conviction est plus forte que jamais : l’attention n’est pas qu’une économie, c’est un lien vital.
Le mot anglais “Pay Attention” révèle une vérité profonde : on paye réellement son attention. Chaque seconde donnée à un contenu, à un cours, à une idée, est une part de soi.
C’est pourquoi l’Afrique doit s’approprier cette réflexion, non pas comme suiveur, mais comme acteur cognitif du XXIe siècle.
La méthode A.C.N.E. n’est pas une simple innovation pédagogique, c’est une invitation à repenser l’apprentissage à partir de nos réalités, de nos émotions et de nos récits.
Réconcilier l’humain, le savoir et la technologie, voilà la véritable révolution éducative que j’appelle de mes vœux.
La méthode A.C.N.E. en apprentissage, se doit d’être une boussole : elle montre que l’attention peut être cultivée, non exploitée.
Car apprendre à faire attention, c’est déjà apprendre à être libre.



